Nimue Broderie

Seamus, épilogue

Derniers POints

 
C’est toujours extrêmement dur de terminer une broderie, moralement.
J’y vais toujours à reculons car la fin sonne comme un deuil de quelque chose, avec la nécessité de déjà se projeter dans la suite.
J’avais lu dans une étude que lorsqu’il termine un projet, l’individu vit cela comme une petite mort avec ce poids du recommencement futur à envisager, une re-naissance, que c’est un peu comme Naitre, Mourir, Naitre-Mourir. Ça épuise. Cela m’avait semblé sonner très juste. Il n’empêche que voilà, dans quelques heures Seamus sera achevé. Bouh !
 
Je me sentais bien avec mon rouquin de Cerf. C’était confortable, comme un doudou.
C’est qu’on en passe des heures à se bichonner l’un l’autre le temps d’une broderie.
 

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A – Etat d’Âme
 
Une broderie c’est un formidable espace d’expression, avec des challenges à relever, des obstacles à sauter, des énigmes à résoudre. Une sorte d’éco-système qui nourrit un cerveau, un cœur, des artères, des sens et des émotions. Dur de quitter ce qui a été nourri et habité.
 
Notez que ça n’est que la 200ème fois que cela arrive.
 
Il faut dire que ma pratique spécifique me fait passer beaucoup de temps avec mes ouvrages.
A y réfléchir, l’expérience est certainement très différente pour chacun. Je ne crois pas être lente mais j’aime bien prendre mon temps pour que le fruit soit bien mûr. Chacun sa manière.
Camelia Brigadoon, le pont vers l'Autre Monde
La Brume monte du Lac
L’un dans l’autre, si je termine aujourd’hui, demain je suis dans mon jardin. C’est bien aussi.
 
 
 
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B – Dernières Explorations
 
1- Végétation
Justement je viens de terminer la végétation de Seamus et voyez-vous c’est une partie que j’affectionne particulièrement : la végétation libre.
C’est-à-dire qu’il y a :
  • le modèle et de l’autre
  • la liberté que je vais prendre vis-à-vis de certaines zones impossibles à réaliser en points de croix classique.

    Il faut donc prendre en main le sujet et créer de toute pièce un nouveau mode plus personnel.

 
Ça me plaît beaucoup toutes ces tiges, ces évocations vertes, c’est un chouette moment de liberté où l’expression spontanée du geste s’invite et surprend. Je joue avec mon aiguille file ici et là dans un rythme rapide et sûr. C’est enivrant.
C’est un moment où s’allient la dessinatrice et la brodeuse. La main experte « sent » la ligne juste et le point de broderie idéal trouve son expression. Brrrr j’en ai des frissons.
 
 
NB : Avant d’en arriver à la végétation, je suis revenue sur plusieurs zones à compléter…
 
2- Les Yeux
J’avais laissé vacant, comme à chaque fois, l’espace des yeux. C’est un choix qui se justifie car c’est tellement essentiel. Si les fils se feutrent à force de manipulation, alors le regard perd de sa netteté et donc de son impact.
J’ai commencé par l’œil gauche du personnage.
Il a d’abord tout ce qui entoure l’œil, les arcades entr’autres et les poils clairs qui vont cerner l’œil lui-même. Moins simple qu’il n’y paraît car il y a beaucoup de contrastes avec les oranges et les bleus foncés en voisins, ce qui a tendance à écraser les subtilités. La question est : jusqu’où marquer les nuances pour qu’on ait tout de même un sentiment d’épaisseur des poils…
L’œil sera réalisé en petits points comme pour nos précédents amis Polly, Prosper et Griselda.
Ses yeux sont moins noirs que ceux des 3 autres. Je me demande s’il ne faut pas tout de même en rajouter pour leur donner plus de force ?
Si je choisis de jongler avec le bleu le plus foncé et le marron le plus foncé sans rajouter du noir, je ne pourrais pas revenir sur mon choix car défaire du petit point c’est très dommageable pour la toile. Or je suis comme tout le monde : j’ai peur de rater.
Comme personne ne prendra cette décision pour moi, advienne que pourra, je me lance !
 
3- Ecossais
 
a- Bonnet
J’avais également laissé en suspend les lignes rouges du bonnet car il était difficile de savoir quelle intensité de rouge il faudrait réellement. Il faut dire que tout au long du sujet où il y a des rouges, des rouge/orange, des rouge/rose, ça n’a pas toujours été facile. Il y a eu beaucoup de surprises, parfois un monde. Donc je me méfie et j’attends la dernière ligne droite pour choisir.
Or c’est la dernière ligne droite : je choisis des rouge/rose sur les 2/3 du bonnet. Mais j’ai du mal à voir si c’est juste car il est tard, la lumière a changé, le soleil du soir ne me permet plus de comprendre si c’est bon. J’ai des doutes.
Le lendemain il fait beau, je passe vite fait dans mon bureau pour voir… je vois. Je vois que c’est fade. Hum.
Je descends prendre un café et je laisse mouliner dans ma tête.
Une heure après je suis face à Seamus et…  changement de couleurs !
Je défais les trop « Roses » pour carrément un rouge/orange pétant. C’est bien mieux.
J’avais été trop timorée dans mes choix. Il fallait que ça pète !
Done.
4-Chemise
Je reprends la technique déjà utilisée pour Polly à savoir glisser 2 fils clairs dans le dessus des croix pour dessiner les carreaux.

3- Moustaches et Barbiche

– Très discrètes les moustaches sont à peine figurées. C’est l’opposé de Griselda où elles étaient extrêmement présentes et fortes.
– Pour la barbiche, c’est le moment d’inventer quelque chose car les points arrières classiques n’apportent rien. Or il faut quelque chose qui souligne un minimum la transition avec la chemise. Je laisse l’inspiration faire son œuvre et j’attrape ce qu’il reste des fils de points glissés de la chemise et j’épaissis simplement les pointes vers le bas. Magique ! c’est juste ce qu’il fallait pour créer de la profondeur : ne pas en faire trop mais pas moins non plus.
 
C – Accessoires
 
Point final, les accessoires.
 
Les seuls bijoux sont les boutons de la veste et de la chemise, mais j’ai envie de rajouter un accessoires flamboyant avec ce magnifique arbre de métal couleur bronze.
Après tout c’est le Maire !
A ce propos c’est drôle comme l’actualité rejoint cette collection (ou l’inverse.. ? )
Lorsque je brodais Prosper, une taupe s’est invitée dans mon jardin laminant mon travail de jardinière en herbe, mais j’ai fait le dos rond.
Et voici que nous sommes en pleines élections municipales alors que Seamus vient d’être réélu maire de la Petite Faune de Brocéliande à l’unanimité.
Voyez comme le calendrier du Merveilleux Forestier est en accord avec celui des Homo Sapiens, aidé par les poètes mi-humains (Nimue) qui officient entre les deux Mondes.
 
Conclusion
 
Avec cette broderie, j’ai beaucoup exploré le subtile. En cette toute fin d’ouvrage il s’est souvent agit de petits points posés ici et là afin d’atteindre l’équilibre entre ce qui serait trop et l’indispensable qui mène à la vie du personnage. 
C’est vrai également pour le feuillage, la végétation souhaitait garder sa respiration, ne pas être contenue dans des lignes. Une vraie expérience…

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Ainsi s’achève cette nouvelle aventure brodée avec le quatrième personnage de cette série de quatre, qui nous a ouvert une nouvelle porte enchantée sur Brocéliande.
Mais bien sûr, un village ne se contente pas que de quatre individus, d’autres sont à venir. Si vous avez des idées de petits animaux surtout n’hésitez pas. Vous avez l’espace commentaires ci-dessous pour vous exprimer.
Dans la Petite Mythologie il y a également les fées, les leprechauns etc. et peut-être même aurons-nous quelques jolies sorcières… Encore faut-il les convaincre de se laisser immortaliser !

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