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Nimue Création Pas à Pas

Il y a quelques mois de cela, plus d’un an, j’ai compris que Nimue, bien qu’ayant un nom arthurien, n’avait pas encore créé de sujets de broderie issus de la Légende Arturienne. What ?
Cela semblait tout de même incroyable qu’après plus de 17 ans à s’appeler Nimue (La Dame du Lac), rien, aucun personnage, ne transmettait cette culture qui est le terreau de mon inspiration.
Une opportunité allait me permettre de me lancer dans la réalisation de ce panthéon arthurien : une invitation à Moscou, comme invitée d’honneur d’un salon art du fil & artisanat, Formula Rukodiela en février 2020.
Les premiers sujets de point de croix furent Guenièvre, puis Arthur, le Couple Royal.
Maintenant c’est au tour des êtres de l’Autre Monde, les Enchanteur et Enchanteresse : Merlin et Viviane.

Pourquoi je brode ?

Pourquoi nous brodons...

Lorsque je brode ce qui m’importe c’est de ressentir des émotions, c’est d’être dans le geste et ensuite je me laisse porter.
 
On peut se demander comment un geste aussi simple que de faire une croix peut apporter autant de plénitude ? Comment une activité d’aussi peu d’importance vitale prend autant de place dans nos vies ?
 
L’autre jour Françoise me disait qu’elle ne peut pas rester assise sans rien dans les mains : une broderie, un tricot, un ouvrage…
Certains le peuvent, la majorité des humains le peuvent, mais pour d’autres c’est difficile.
 
Il y a cette obligation pour les femmes d’être toujours en train de « faire quelque chose ». C’est sans doute moins le cas pour les nouvelles générations, mais pour celles qui ont plus de 50 ans il y a ce truc sociétal qui nous irrigue et qui dit que ce n’est pas bien « de ne rien faire ».
J’avais lu cela il y a plus de 20 ans dans un livre d’Emma Jung, la célèbre psychologue, qu’une femme qui produit quelque chose de ses mains ne culpabilise pas, ou presque pas, de s’adonner à un loisir alors qu’il y a tant à faire.
Certaines poussent l’injonction jusqu’au bout en ne brodant que des choses « utiles » type serviettes, nappes, etc. C’est encore plus vrai pour le tricot puisque on ne tricote que des choses très utiles. On ne tricote pas des tableaux !
Avec les tableaux de Nimuë, on se situe à mi-chemin entre le fait de faire quelque chose de ses mains et l’inutile, puisque à part être accroché au mur cela ne répond pas à une fonction particulière dans les besoins du quotidien.
 

Broder un tableau c'est donner du sens au motif même du tableau.

 
Broder une nappe a du sens. Cela a du sens pour celle qui aime décorer sa maison, enrichir son espace social, car les nappes brodées on les sort lorsqu’on a des invités. C’est une manière de dire aux personnes que l’on reçoit : vous êtes importantes, voyez ce que je déploie pour vous. C’est aussi une manière de se mettre en valeur et de recevoir des compliments, ce qui est essentiel pour tout humain : la reconnaissance. Si broder son linge de maison était commun avant, aujourd’hui, quelqu’un qui le fait s’attendra à ce que les autres remarquent le caractère unique de sa personne. C’est un signal que l’on envoie aux autres sur qui on est.
 
Lorsque je brode un tableau et que je l’accroche au mur, ce qui n’est pas si souvent le cas, j’envoie un autre signal :
  • regardez ce que je sais faire
  • regardez qui je suis
  • ne mettez pas les doigts dessus
 
Sur une nappe on dirait plutôt :  » Pitié ne faites pas de tâches, mais bien sûr vous pouvez la « caresser ».
Pour un tableau c’est « pas touche ! »
L’on comprend que le signal n’est pas tout à fait le même ! mais on s’attend tout autant à de la reconnaissance même si modestement le premier réflexe sera de dire : « Non pas moi ».
Broder une nappe c’est donner du sens à un objet du quotidien. Broder un tableau c’est donner du sens au motif même du tableau.
Viviane broderie zen
Viviane, La Dame du Lac
 
Cela m’est difficile de broder un sujet qui n’évoque rien pour moi. J’ai besoin que ce soit raccroché à quelque chose de culturel voire spirituel. Ma vie professionnelle m’a amenée en Brocéliande. Là, j’ai pu reconstitué mon puzzle personnel. Ici je suis reliée à quelque chose qui me parle, mon imaginaire s’épanouit porté par un paysage, par une roche, par des eaux calmes. Le Rouge du schiste et le Vert de la végétation sylvestre se marient sous mes yeux à la perfection. La broderie de Nimue reflète ce que Brocéliande évoque : Le Merveilleux, le passage des eaux douces vers l’Autre Monde.
Ce qui est ressenti s’inscrit dans la toile de lin, se trame en fils de couleurs imbriqués et chante une chanson poétique et joyeuse à destination de celles qui ont les clés pour la recevoir.
 
Tout cela est rarement conscient. L’on n’a pas besoin de « savoir ». On sait simplement lorsqu’on voit une broderie que c’est celle-la qu’on va broder. Pourquoi ? On n’a pas la réponse ! mais c’est celle qui nous appelle. Et c’est aussi pour cela que c’est magique. On accepte l’aventure que cette broderie nous promet. Croix après croix, le propos s’anime sur la toile et dans le même temps en nous. C’est une sorte d’intrigue qui nous emmène de résolution en résolution pour qu’à la fin il y ait un feu d’artifice. Et tout cela nous met dans une joie infinie, en général totalement étrangère à notre entourage.
 
Croix après croix… Des dizaines de milliers de croix… le tout se noue sur une petite pièce de tissu. Une version miniature de quelque chose de plus grand qui nous échappe. Alors que nos mains travaillent à notre ouvrage une partie de nous s’évade dans un ailleurs au rythme d’un geste simple, celui d’une toute petite croix. On prend la poudre d’escampette sans que personne ne le sache. Physiquement on est toujours là et nos mains s’agitent, mais en vérité on s’amuse quelque part entre l’ici et l’ailleurs sans que personne ne puisse nous y atteindre. Nous sommes dans notre espace personnel, notre antre, notre cocon de vérité intime.
Lorsque je brode quelque chose « d’inutile » je me donne le droit de n’être qu’avec moi-même, pour moi-même, pendant de longues heures. Je cesse de m’agiter et de disperser mon énergie. Je me concentre ici où je pose mes valises. Pour un moment je me donne le droit de voyager dans mon royaume aux multiples passages secrets. Bien sûr il en ressortira quelque chose de concret puisque la broderie sera là, matérialisée, mais peut-être que sa principale importance aura été de m’avoir plongée dans un espace intérieur nécessaire pour mon équilibre. C’est un endroit où l’on se régénère. L’on ne sait pas vraiment par quel miracle, mais ces longues heures de petites croix, soignent, réparent, apaisent, réconfortent. Ici il n’y a pas de danger, pas de heurt, de contrariété.
Broder c’est s’immerger dans une eau douce qui nous met en apesanteur. C’est quitter l’attraction terrestre, la gravité qui nous plombe, pour un voyage hors tout.
 
Enfin, au bout de quelques heures, on se réveille au monde et on n’en revient pas de s’être laissée emportée ainsi au-delà et hors du temps.

 

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Annaïck Chauvel

Annaïck Chauvel

Bienvenue dans l’histoire des Créations de Nimue. Ici je partage avec vous le Comment et le Pourquoi de ces créations.

Table des matières

Pourquoi je brode ?

Pourquoi nous brodons… Lorsque je brode ce qui m’importe c’est de ressentir des émotions, c’est d’être dans le geste et ensuite je me laisse porter. On

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Le Commencement

Le Commencement : prologue Dernièrement j’ai proposé un voyage créatif. J’ai proposé à toutes par le biais d’une grille mystère de m’accompagner dans une création. Le

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Cécile Raffray

Pourquoi je brode ?
Le plaisir de sentir le tissu, sa texture, son odeur, le bonheur de jouer avec les couleurs de fils, le sentiment rassurant et hélas oui, féminin, de ne pas tout à fait « perdre son temps » puisqu’il y aura un « résultat ».
La tradition familiale, sans doute. Ma tante, après sa journée de travail à la ferme et le dîner sitôt débarrassé, posait sa chaise sur la grande table de la cuisine, et une fois juchée là-haut juste sous l’ampoule de 40 watts qui éclairait la pièce, brodait, brodait, brodait.
Des nappes, des serviettes, des torchons qui devenaient tableaux. Toutes les toiles, de lin, de métis, de chanvre, venaient des restes de mon arrière-arrière Grand Père qui fut tisserand (et Chouan !)
De l’autre côté, ma Grand-mère et ses quatre filles étaient couturières, dont l’une spécialisée dans la broderie blanche des trousseaux de mariage. J’ai son livre de modèles de jours rebrodés.
Alors moi ? Après ces lourds atavismes, je pense que je suis née avec un dé au doigt !
j’ai presque tout essayé. J’avoue que la frivolité à deux navettes m’échappe, et que le filet, à part la pêche à la crevette, ne sert pas à grand-chose quand a déjà fait une ou deux coiffes du Trégor.
Alors, le Point de Croix, c’est bien : d’abord ça n’encombre pas les placards !
Et même s’il faut compter les points, la pensée s’évade, les soucis se terrent, je me raconte des tas d’histoires drôles… ou pas ! Et les heures passent sereinement, seul le jour qui baisse me sort de là.
Bon, trop tard pour l’aspirateur ! Demain peut-être ?

Cécile Raffray

Pour le salto, non, je ne crois pas que ça fasse partie de mes gènes … dommage, peut-être !

Elisabeth Doudan

Je me retrouve vraiment dans cet article. Je tricote et brode. Le tricot c’est du bénévolat tout ce que je tricote part pour les restos du cœur. C’est une façon de donner aux autres plus personnalisé qu’en donnant un billet ou un chèque…. (comme les cadeaux impossible pour moi de donner une carte cadeau lool). La broderie je le vois vraiment comme quelque chose de très personnel. J’ai peu de personnes autour de moi que ca intéresse donc déjà isolé de ce point vue hormis sur la toile et comme vous dites je réfléchis pas à si les autres vont aimer ou pas mais si ca me parle…. C’est comme ca que j’ai tendance à partir sur des thèmes qui se rapprochent de mes lectures : fantasy, mer, bretagne. C’est aussi pour une personne comme moi qui n’a pas de talent artistique propre une façon de se rapprocher le plus possible de la création. ON recrée l’œuvre, on la voit apparaitre petit à petit selon notre avancée, on a l’impression d’être l’artiste, ca diffère de l’image du modèle selon notre choix de toiles, de fils… on se l’approprie au fil des croix… Je me souviens d’un poster que mon frère m’avait offert il y a quelques années il a souffert à force de déménagements. J’ai un temps envisagé de le racheter et un jour j’ai découvert qu’il existait en point de croix. Je n’ai pas hésité je l’aurais p’t’ que dans un an ou deux sur le mur de ma chambre au lieu de quelques jours si je le rachetais mais ca aura une saveur toute particulière et mon frère en même temps se rend compte qu’il était vraiment bien tombé avec ce cadeau…

patricia rougé

c’est vrai pour moi je brodes pour m’évader et broder une grille que j’ai choisie est un grand plaisir pour moi
je ne peux pas broder a la demande ou éventuellement un petit motif mais uniquement si cela fait plaisir a la personne qui me l’a demandé
par contre je me suis rendue compte que je montrais les grilles que j’avais choisies commme pour influencer la personne qui a envie d’un tableau brodé et uniquement pour la famille
mais c’est aussi pour moi j’ai un mari compréhensif qui me laisse accrocher au mur mes broderies quelles qu’elles soit entre autre 25 nimuë sont dans mon séjours et je peux en profiter autant que je le veux
voilà bon bonne soirée et bonnes petite croix a toutes
patricia

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